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samedi, novembre 25, 2017
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LE DIGITAL PEUT-IL AMÉLIORER LE BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL ?

DIGITAL

L’histoire de Benjamin Brion, c’est un peu celle d’un passionné de digital, très tôt conscient des enjeux de la qualité de vie au travail. Avec l’un de ses camarades de l’EM Lyon, il a co-fondé plusieurs applications mobiles centrées sur le bien-être. Et si les technologies avaient également cette vertu de nous aider à mieux vivre notre quotidien au travail ?

Street N’ Sports : Au cours de vos études, vous avec lancé des applications sur les compétences émotionnelles, racontez-nous…
Benjamin Brion : Avec Léopold Denis, nous avons lancé Moodwalk pendant notre dernière année à l’EM Lyon. L’idée est née d’un échange avec l’un de nos professeurs en sciences comportementales, Christophe Haag, également co-fondateur de l’entreprise. Ensemble nous avons choisi d’unir nos compétences : les siennes, pour vulgariser au plus grand nombre ses travaux en psychologie ; les nôtres, en digital ainsi que la création d’entreprise. Au sein de Moodwalk, nous avons créé une partie BtoC avec des marques comme Dr Mood et Le Profil de Compétences Emotionnelles et une partie BtoB avec Moodwork.

SNS : En quoi consiste votre application de bien-être au travail ?
BB : Moodwork est une solution digitale (SaaS) destinée aux salariés pour faciliter la qualité de vie au travail. Concrètement, la plateforme offre à chaque collaborateur de l’entreprise des outils scientifiquement prouvés pour les accompagner dans leur démarche de bien-être dans l’entreprise et de réduction de leur stress. Par exemple, des indices de bien-être, des programmes qui abordent l’hyper-investissement, la gestion du stress ou encore l’insomnie. Nous proposons également un soutien d’experts par visioconférence, chat ou même des appels téléphoniques avec des psychologues du travail.
Bref, Moodwork est une solution qui apporte à la fois des moyens d’analyse et d’actions. Si l’outil est totalement anonyme et confidentiel, il permet toutefois de remonter des tendances et des données qualitatives aux équipes RH, en particulier sur les facteurs de bien-être ou mal-être. C’est essentiel pour permettre à l’entreprise de réagir.

SNS : Justement, d’après les analyses collectées, qu’est-ce qui contribue au bien-être d’un collaborateur ?
BB : En fait, tout dépend du type d’entreprise, du poste occupé et aussi de l’âge des salariés. Pour une entreprise dont la moyenne d’âge serait de 35-40 ans, ce qui ressort en premier c’est l’importance du lieu de travail, l’ambiance avec les autres collaborateurs ou encore la relation avec les supérieurs. En somme, c’est le facteur humain qui prime. Étonnement, le sujet lié à la rémunération est l’un des derniers paramètres à rentrer en considération. En revanche, les attentes liées au salaire sont plus importantes dans les entreprises qui ont une moyenne d’âge plus élevée.

SNS : Pour vous, la transformation numérique est-elle en train de faciliter les rapports humains au travail ?
BB : Effectivement, le digital offre une multitude de points de contacts. Parfois, et c’est notamment vrai avec la jeune génération, la peur du téléphone est paralysante : on veut éviter que sa voix laisse transparaître ses émotions. L’avantage du Chat, c’est qu’il offre une dimension anonyme parce qu’on ne voit pas son interlocuteur. Alors oui, j’ai la conviction que le digital est un bon moyen de changer l’état d’esprit des entreprises.

SNS : D’ailleurs, est-ce par opportunisme que les entreprises s’impliquent autant sur les enjeux de bien-être au travail ?
BB : Pas de mon point de vue. Dans les grands groupes, lorsqu’on parle de bien-être au travail, on touche du doigt des sujets extrêmement sensibles. Cela va du burn-out, au suicide en passant par les congés maladie. Je crois que les entreprises sont vraiment préoccupées par ces questions, d’autant plus que des absences répétées des collaborateurs génèrent des coûts. Mais j’ai aussi le sentiment que les organisations sont parfois démunies, elles ne savent pas toujours dans quelle direction aller. Elles s’interrogent, est-ce qu’il faut se faire accompagner par un cabinet de conseil ou bien s’appuyer sur des outils digitaux ?

SNS : Si vous n’aviez pas lancé votre entreprise, quelle structure auriez-vous aimé intégrer ?
BB : À titre personnel, j’aurais pu me diriger vers le financement de startups.
C’est un environnement de travail plaisant, les équipes sont relativement petites et nous rencontrons énormément de gens inspirants et inspirés.
En fait, la création d’entreprise est profondément ancrée en moi et j’ai toujours eu envie de monter un projet porteur de sens.

SNS : Dernière question, en quoi consiste votre application grand public ?
BB : Dr Mood est notre application mobile axée sur l’intelligence émotionnelle. L’application s’ouvre sur une phase de test qui permet d’établir son émotion du moment. Puis nous proposons une analyse fournie, complétée de conseils sportifs, nutritifs ou encore psychologiques, pour réguler son état émotionnel. Entre décembre 2016 et septembre 2017, cette application gratuite a déjà été téléchargée plus de 150 000 fois et dispose d’une communauté de 10 000 utilisateurs actifs par mois.

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Allan Kinic

Rédacteur en chef et créateur du magazine Street N’ Sports, journaliste sportif spécialisé dans le football et les sports de combat pour le site internet www.auvergnesports.com – Titulaire d’un baccalauréat littéraire option cinéma audiovisuel et de deux années en histoire de l’art et en musicologie – Ancien DJ Producteur – Passionné de sports et pratiquant la boxe anglaise et la musculation – Freelance en webdesign et communication, il a mis son expérience au profit de plusieurs entreprises en tant que chargé de communication et community manager .