mardi, juin 25, 2019
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Ruby Rodd : nouveau clip « Emoji » !

Ruby Rodd

Avec ce nouveau single, Ruby Rodd dévoile pour la 1ère fois un versant sensible de sa pop urbaine. Un morceau mettant en valeur sa voix grave et suave.

Initié à la musique par le solfège, le violon puis la guitare, Ruby Rodd a été biberonné aux grandes voix de la pop américaine comme aux musiques africaines. Fort d’une enfance aussi bien passée dans la Cité rouge de Bagnolet, qu’à Abidjan et dans les quartiers plus bourgeois, Ruby Rodd est un artiste qui refuse les étiquettes.

Le premier album de Ruby Rodd paraitra début juillet.

Pour en savoir plus sur Ruby Rodd

La France n’avait pas encore d’artiste emo rap à sa hauteur. Avec Ruby Rodd, c’en est fini. De quoi insuffler sa sensibilité à un hip-hop français coincé entre ses codes de la rue et ses pieds de nez à la variété française. 

Modeste, Ruby Rodd prétend avoir commencé la musique à 18 ans, il en a 20. 

Mais le jeune chanteur oublie toutes les années à apprendre le solfège pour maîtriser son premier instrument, le violon (pendant 4 ans), puis la guitare (2 ans). Mais voilà, se retrouver avec un cahier et un crayon pour apprendre la musique, Ruby n’a jamais réussi à l’accepter. Pour lui, la musique se vit, se joue mais ne s’étudie pas comme à l’école. Alors très vite, il a travaillé son instrument principal : sa voix qu’il a modelée à force de raps, de chants entre r&b et soul et de reprises de ses morceaux préférés diffusés sur Youtube : le guitare-voix FourFiveSeconds de Rihanna, Kanye West et Paul McCartney, le If I ain’t Got You d’Alicia Keys, et le DKR de Booba qu’il chante avec une justesse troublante. Dans cette dernière cover, Ruby Rodd étonne et retrouve les intonations toutes cotonneuses d’un Alpha Blondy, le champion du reggae de Côte d’Ivoire qui avait révolutionné le reggae africain avec Brigadier Sabari

Des origines variées pour une musique colorée

Comme Booba, Ruby est métis, de père portugais et de mère ivoirienne. Son père, ingénieur mécanique, collectionne les vinyles de funk, de Barry White et de George Michael ; sa mère, éducatrice auprès de personnes handicapées physiques, n’aime que les grandes voix de la pop américaine, Whitney Houston, Mariah Carey et Michael Jackson, quand elle ne retrouve pas les rythmes mapouka ou zouglou de son pays. Ruby Rodd grandit dans cette ambiance entre l’appartement HLM de la Cité rouge à Bagnolet et les vacances dans le village natal à la périphérie d’Abidjan. Il en parle encore avec émotion : « Je suis content d’être allé jeune en Afrique, de connaître les douches avec les seaux, j’étais accueilli comme un roi, je regardais les comédies ivoiriennes à la télé… Et quand, je rentrais dans mon HLM, j’étais content de retrouver ma douche. » Même si au bas de son immeuble, ce n’est pas folichon : « Moi j’étais habitué aux jeunes qui traînent en bas des blocs, qui fument et qui crachent par terre, donc ça allait. Mais ceux qui viennent d’ailleurs auraient pu dire que ça craignait. » 

Ses parents ne veulent pourtant pas qu’il poursuive sa scolarité dans le 93, et l’envoient dans un établissement privé parisien à deux stations de métro, de l’autre côté du périphérique. A 11 ans, le jeune Ruben (son véritable prénom) se sent déjà grand, autonome et refuse qu’on lui impose des codes vestimentaires selon lesquels il faudrait bannir jogging et casquette. Il se fait exclure une première fois. Autre établissement privé, mêmes règles, il en mange sa casquette mais en garde une furieuse envie de toujours se démarquer par ce qu’il porte. Lui aime le street wear, les vêtements amples, les marques de créateurs, les couleurs qu’on ne porte pas forcément dans le rap français. Pour appuyer son propos, il décrit ce qu’il porte : « Là c’est une combinaison jaune d’Obey ( le street artiste mondialement connu), je suis à l’aise dedans ».  De cette passion pour la mode, Ruby en fera son métier qu’il apprend en CFA (Centre de formation en alternance). Il passe un bac pro vendeur et travaille 35h par semaine dans un magasin de vêtements. Avec son salaire, il devient indépendant à 17 ans, paie le loyer de son appart, et commence à s’acheter son premier ordinateur « en dix fois », et son premier micro pour ses prises de voix. Ses potes l’ont en effet encouragé à continuer le chant, et filment ses premières reprises. Sa voix suave mais puissante fait mouche. Son style sur Instagram plaît à une première beatmakeuse, Maï. Cette dernière lui présente le producteur Gauts et ils enregistrent ensemble le titre  Pourquoi ? une chanson de rupture douce amère low tempo. Diffusé en janvier 2017, c’est un carton, plus de 700 000 vues. 

Une avalanche de vues sur Youtube

Neuf mois plus tard, Fantasy avec sa pote Youtubeuse, Pembe Cherol, fait encore mieux : 2,5 millions de vues. Tourné pendant le carnaval de Londres, le morceau au parfum caribéen est construit sur une boucle de steel-band, la percussion du calypso. Malgré tout, Ruby se trouve encore trop lent : « Je mets beaucoup de temps à écrire. Mais il est hors de question que quelqu’un écrive à ma place. Ou si je n’écris pas en entier un texte que je chante, j’évoque avec l’auteur le thème que je souhaiterais aborder sur le titre. Je veux que tout vienne de moi et de mon équipe ». Ruby veut trouver les bons mots, ceux pour raconter ses années de hess : « Quand le banquier t’appelle pour te dire qu’il ne reste plus grand chose sur ton compte, explique-t-il, cette boule au ventre quand une femme de Pole Emploi n’hésite pas à te supprimer tes allocations, alors que tu n’as que ça pour payer ton loyer. » Ces mots, il les a trouvés dans ces trois premiers singles, Gang, La Dalle ou Bad Bitch, des titres hypnotisant, qui donnent autant envie de danser que de méditer. Au lycée, un ami lui a présenté un autre producteur, Nicolas Locomte. Ensemble, ils mettent au point cette juste alchimie et tendent vers leurs modèles : Post Malone, Lil’ Yatchy, The Week End. 

Gang est la profession de foi de Ruby Rodd, une allégeance à une liberté totale tout en demeurant dans le monde : rester dans sa bulle sans se couper du monde ; La Dalle, une ode à la gagne, une envie affirmée de sortir des années de galère ; Bad Bitch, une petite vengeance sur le ton de l’humour à une jeune femme qui lui a brisé le cœur.

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Allan Kinic
Rédacteur en chef et créateur du magazine Street N’ Sports, journaliste sportif spécialisé dans le football et les sports de combat pour le site internet www.auvergnesports.com – Titulaire d’un baccalauréat littéraire option cinéma audiovisuel et de deux années en histoire de l’art et en musicologie – Ancien DJ Producteur – Passionné de sports et pratiquant la boxe anglaise et la musculation – Freelance en webdesign et communication, il a mis son expérience au profit de plusieurs entreprises en tant que chargé de communication et community manager .